L’année 2018 est sur le point de se terminer et comme plusieurs d’entre vous il est maintenant le temps de faire les bilans. Pour moi, 2018 aura été une année où une longue transition a commencé à s’opérer dans ma vie personnelle et professionnelle. Elle aura été parallèlement une année relativement prolifique d’un point de vue photographique. En effet, entre les nombreux contrats effectués à travers la province, les quelques entrevues et capsules données à différents médias 1)« Immortaliser les paysages : La démarche de Francis Gagnon va bien au-delà du hasard » 2)Les paysages de Charlevoix à l’émission « Québec sur demande » 3)Être « inspiré » par Baie-Saint-Paul 4)Entrevue pour l’émission « Les Flaneuses » diffusée à CKIA, j’ai pu trouver du temps pour travailler sur ma photographie qui s’est davantage concentrée sur la région de Charlevoix et l’Est du pays. Cette façon plus casanière de faire de la photo était voulue et m’a permise d’explorer davantage ma région et d’y trouver de nouveaux endroits à photographier, à apprécier.

C’est également une année où j’ai commencé à doucement me retirer des médias sociaux pour mettre davantage l’emphase sur mon site web. Les raisons sont multiples. Si j’avais à résumer simplement le tout, je dirais que premièrement la présence sur ces plateformes demande beaucoup d’efforts qui sont parfois effectués en vain pour des raisons liées à l’objectif même de ces sites. Il y a également une question de pérennité et de référencement sur toute la toile, chose quasi impossible à obtenir par l’utilisation seule de ces médias. Ce sont en effet des écosystèmes visant à être suffisants à l’intérieur de leurs univers. Puis, finalement, je dirais que je veux davantage mettre l’accent sur l’écriture, chose qui est difficile de mettre en évidence sur les plateformes où l’image est la principale, voire même la seule, chose à être mise d’avant. Ce sont entre autres pour ces raisons que ce site et le blogue sur lequel j’écrivais se sont fusionnés en un seul endroit, délaissant la plateforme Photoshelter. De nouvelles sections intégrées à ce site sont aussi apparues, notamment une se consacrant à des séries où l’écriture et les photos ont chacun une place importante. Attendez-vous également à beaucoup plus d’articles sur ce blogue, mais aussi sur d’autres sites au cours de prochains mois. Je vous invite également à vous abonner à mon infolettre si ce n’est pas déjà fait.

Ce billet, comme vous devez l’avoir déduit, n’est pas pour vous faire bilan complet et exhaustif de 2018. Il vise plutôt à faire une rétrospective des photos qui sont pour moi les plus marquantes de cette année qui se termine.

Les meilleures de 2018

« Twelve significant photographs in any one year is a good crop. »
– Ansel Adams

Cette citation est devenue un classique de ce blogue. Elle est en quelque sorte la base sur laquelle je fais une sélection minutieuse des photographies qui sont les plus significatives pour moi. Elles ne sont pas nécessairement celles qui ont amassé plus d’attention, mais plutôt celles qui, d’un point de vue artistique ou d’expérience, ont marqué mon parcours photographique durant l’année. C’est dans cette esprit que je vous présente ci-dessous mes 12 meilleures photographies de l’année. Vous remarquerez que les photographies sont très diversifiées dans les approches employées et dans les moments de la journée Elles suivent un ordre chronologique. Elles sont naturellement accompagnées de leur titre et de leur description. Si vous appréciez, je vous invite à partager ce billet.

Réflexions et commentaires

Si vous avez des questions ou des commentaires, je vous invite à m’écrire, que ce soit en utilisant l’espace ci-dessous ou par l’entremise des moyens listés ci-contre.

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Ouverture sur l’hiver

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Ouverture sur l’hiver

Située entre les énormes blocs de glace jonchant la côte charlevoisienne, cette petite crevasse offrait une ouverture sur la brume glaciale qui errait sur le fleuve hivernal de janvier. C’était une de ces matinées où le mercure était bien en-dessous de la barre des -30°C.

Cette photo fait partie de cette série.

 

Sculpté par le Saint-Laurent

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Sculpté par le Saint-Laurent

Les brèves couleurs qui réussirent à percer les nuages éclairèrent ce morceau de glace translucide sculpté par le Saint-Laurent.

Cette photo fait partie de cette série.

 

Fenêtre sur le printemps

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Fenêtre sur le printemps

La brèche dans la paroi de glace offrait une fenêtre sur une douce fin de journée printanière.

Cette photo fait partie de cette série.

 

Les trois piliers de glace

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Les trois piliers de glace

Quasi immobiles au milieu de la baie d’Amherst Cove, ces trois énormes piliers, perdus dans la brume, faisaient partie d’un seul et unique iceberg. Le spectacle était extrêmement impressionnant.

 

La valse de la brume

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La valse de la brume

Une épaisse brume provenant du fleuve semblait valser le long des côtes du Parc national Forillon. À travers cette danse, quelques arbres firent brièvement leur apparition pour se faire engloutir de nouveau.

 

Perdues dans les nuages

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Perdues dans les nuages

Les énormes montagnes des Alpes françaises ceinturant la ville de Chamonix semblaient perdues dans les nuages.

 

La chance de l’insomniaque

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La chance de l’insomniaque

Il était 3h30 et j’étais réveillé depuis déjà un bon moment, errant dans mes pensées. En regardant les prévisions météorologiques incertaines aux alentours de chez moi, je prenais tout de même la décision de tenter ma chance. Trente minutes plus tard, j’étais donc sur la route vers Port-au-Persil.

Je ne savais pas à quoi m’attendre. Les orages avaient ponctués les quelques 80 kilomètres serpentant les montagnes charlevoisiennes, me donnant le sentiment que la décision que j’avais prise était peut-être finalement mauvaise. Vers 5h, je posais tout de même mon trépied sur les berges bordant la fameuse chapelle de la petite communauté. L’atmosphère était lourde et seules quelques petites brises venaient de temps à autre atténuer l’humidité. J’attendais depuis un bon moment déjà quand finalement, dans une brève complicité, le soleil et les nuages donnèrent l’un des plus beaux spectacles lumineux qui m’a été donné de voir cet été. La chance m’avait souri.

 

Icône du Nord-Est

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Icône du Nord-Est

Il n’y a que quelques photographies qui sont à la fin d’une année réellement significatives. Elles peuvent avoir des qualités esthétiques particulières ou être rattachées à une expérience bien précise. Si je vous laisse juger du premier critère, je peux affirmer que les nombreux défis liés à la réalisation de cette photographie rendent celle-ci particulièrement marquante pour moi.

En août dernier, Julie et moi allions séjourner cinq jours, isolés, sur trois îles de la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. C’était des vacances bien méritées après avoir passé plusieurs mois à travailler et étudier sans répit. Notre escapade se voulait un moment où nous allions décrocher et nous reposer.

J’avais toute de même apporté mon matériel de photo, mais je n’avais pas de réelles attentes puisque ce coin de pays est particulièrement réputé pour être l’hôte d’une météo incertaine. Au-delà du brouillard et de la pluie qui sont extrêmement fréquents, la mobilité est quelque chose qui rend également la photographie difficile. En effet, les déplacements entre les îles se font en bateau et, une fois sur la terre ferme, les randonnées doivent dans la majeure partie des cas s’effectuer sur les berges dont leur accessibilité varie en fonction de l’amplitude des marées. Quelqu’un qui ne porte pas attention au niveau de l’eau peut donc se ramasser dans une fâcheuse position et nous l’avions d’ailleurs expérimenté dès notre première journée.

Après avoir passé quatre jours sur la Grande-Île et sur l’île Niapiskau, nous terminions notre voyage sur l’île Quarry. C’était notre dernière nuit puisque, le lendemain, nous allions quitter ce petit paradis. Nous avions fait le tour de l’île durant l’après-midi et j’avais repéré ce pot de fleur emblématique du parc qui serait seulement accessible lorsque les marées seraient à leur plus bas niveau. Ce moment allait correspondre au début de la nuit. Vers 21h, je quittais donc le campement pour me diriger vers ces monolithes. Une forte lune était toutefois présente dans le ciel et je devais donc attendre qu’elle se couche pour apercevoir la Voie lactée. J’allais alors avoir grossièrement 30 minutes pour photographier son coeur avant que celui disparaisse en-dessous de l’horizon. Après avoir étudié le terrain et avoir fait des tests, j’étais enfin positionné. Ainsi, vers 22h15, entre les marées, le coucher de la lune et les fortes rafales de vent, une courte fenêtre s’était ouverte pour que je puisse capter cette icône du Nord-Est du Québec se superposant au coeur de la Voie lactée qui disparaissait de minute en minute. L’acharnement et la planification rigoureuse avaient porté fruit et vous comprenez maintenant pourquoi cette photo est aussi significative pour moi.

Cette photo fait partie de cette série.

 

La descente de la lumière

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La descente de la lumière

La chaude lumière de fin de journée se glissait entre les nuages et les montagnes pour éclairer partiellement quelques arbres dont le feuillage est en pleine transition.

Cette photo fait partie de cette série.

 

Les fantômes d’automne

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Les fantômes d’automne

Le Parc national des Grands-Jardins avait été la proie de forts vents et de verglas. Les forêts étaient lourdement endommagées : partout les arbres cassés et déracinés parsemaient les paysages. À travers cette triste scène, ces trois mélèzes, écrasés par le poids du verglas, accueillaient la chaude lumière du soleil du début de journée. Leurs formes particulières leur donnaient une allure fantomatique.

Cette photo fait partie de cette série.

 

La correspondance

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La correspondance

C’était un matin extrêmement venteux. Les nuages défilaient à un rythme effarant, permettant à la lumière de se poser, à certains moments, sur le paysage montagneux du Parc national des Grands-Jardins. Durant ce spectacle, quelques percées éphémères permirent aux rayons du soleil de se poser sélectivement sur la forêt ainsi que sur l’iconique Mont-du-Lac-des-Cygnes afin de permettre une intéressante correspondance lumineuse.

Cette photo fait partie de cette série.

 

La rare occasion

La rare occasion

Les vents venant du large amenaient avec eux un froid mordant ainsi que de fortes vagues, ce qui rendait précaire mon installation au milieu de l’eau, des algues et des pierres. C’est que, pour une rare occasion, les marées révélant qu’une partie précise de cette formation rocheuse concordaient avec le début du crépuscule. Je m’étais donc rendu aux abords des rives charlevoisiennes en espérant capter certaines couleurs. Je n’avais évidemment pas imaginé que le ciel exploserait de la sorte. Ainsi, après plusieurs minutes d’attente et quelques essais, je sortais de l’eau, les bottes complètement trempées, les doigts congelés, mais le sourire aux lèvres, content de la photographie que je venais de réaliser.

Cette photo fait partie de cette série.

 


BONUS : Le doute

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Le doute

J’étais sur la route et, en jetant un oeil vers le ciel, j’avais aperçu cet énorme nuage sculpté par les forts vents glaciaux. J’étais fatigué, il faisait un froid sibérien et j’avais un doute si ce nuage n’allait pas s’enfuir avant que les couleurs du crépuscule fassent leur apparition. Je décidais tout de même de prendre une chance et, très rapidement, je passais à la maison chercher mon équipement. Je n’avais pas beaucoup de temps puisqu’il était déjà 15h15 et le soleil allait se coucher très bientôt. J’avais décidé de me rendre à l’une des pointes de Baie-Saint-Paul. Je connaissais bien l’endroit et, avec un peu de chance, je pourrais trouver un point de vue intéressant.

Après plusieurs minutes de marche, le stress commençait à se faire sentir; la marée était haute, les vents étaient extrêmement forts, les couleurs se faisaient très présentes et il était difficile de trouver un endroit adéquat pour poser mon trépied. Je me disais alors que j’étais peut-être mieux de tout simplement m’asseoir dans mon automobile pour apprécier le spectacle quand je repérais une formation rocheuse qui semblait pointer vers les montagnes. Je prenais un risque et je descendais donc avec précaution à travers la falaise enneigée. Mon installation était précaire : j’étais debout, sur un rocher glacé, tandis que mon trépied était posé à travers les eaux frigorifiées du fleuve. Le cadrage étant fait, les calculs effectués, je vissais mon filtre et j’appuyais enfin sur le déclencheur. Tout près de 240 secondes plus tard, cette photo apparaissait sur mon écran, montrant un ciel enflammé comme il est rare d’en voir. Si le doute m’avait habité tout près d’une heure auparavant, j’étais heureux d’avoir eu un élan de motivation et de m’être déplacé.

Notes   [ + ]

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