Je discutais tout récemment avec quelques personnes qui ont assisté à mes ateliers sur le fait qu’il n’était pas toujours évident de trouver une façon adéquate pour développer ses photographies. Après quelques échanges, j’ai donc eu l’idée de partager avec eux ma façon de faire et de la décortiquer en quatre étapes à garder en tête tout au long du processus de création. Trouvant écho auprès de plusieurs personnes, j’ai décidé de la retranscrire ici.

Une vision émanant du terrain

La première chose à faire, sur le terrain, avant même d’appuyer sur le déclencheur est de se poser la question « Qu’est-ce que je veux obtenir comme résultat final ?« . Cette question est extrêmement importante puisqu’elle donne une direction artistique aux actions qui seront par la suite effectuée.

Concrètement, cela signifie que je déterminerai le cadrage, les paramètres à privilégier (petite ouverture, basse valeur ISO, etc.), les techniques employées (pose longue, HDR, etc.), le matériel utilisé (grand angle, trépied, filtres, etc.) et, finalement, qu’est-ce qui devra être effectué lors du développement. Cette dernière partie est généralement une idée plus ou moins précise qui se base sur ce que je veux que la personne qui regarde ma photo interprète (une atmosphère sombre, quelque chose de chaud et réconfortant, etc.). C’est très souvent lié à ce que je ressens sur le terrain ou ce que je m’imagine. 

Préciser sa vision

Une fois devant l’ordinateur, je me repose la question : « Qu’est-ce que je veux obtenir comme résultat final ?« . Normalement, une bonne partie du travail devrait déjà être accompli puisque les choix créatifs et techniques effectués sur le terrain devraient se refléter en partie dans la photographie. Se reposer la question permet toutefois de préciser la vision et d’orienter le travail qui devra être accompli lors du développement. Par exemple, en me requestionnant, j’essaie de me rappeler l’expérience qui entoure la prise de la photographie. Cet exercice me permet de donner une ambiance de base vers laquelle je veux orienter la photographie. 

Par la suite, je regarde la photographie un peu plus froidement pour repérer ce qui doit être accentué ou diminué pour renforcer la composition afin de faciliter la lecture de la photographie. Il m’arrive même de prendre des notes pour garder en vue la direction et les idées

À gauche, la photographie de départ avec quelques notes spécifiant la direction. À droite, la version finale.

Je me répète, mais tout au long du développement il ne faut perdre de vue la question « Qu’est-ce que je veux obtenir comme résultat final ? ». Il se peut que ça ait changé depuis la prise de vue et c’est normal puisque dans la plupart des cas rien n’est parfaitement clair : le tout se précise en regardant plus attentivement la photographie et en effectuant le processus de développement. La réponse à la question est un guide plus ou moins exact qui ne doit pas être prescriptif, laissant de la latitude à la créativité. 

Prendre son temps

Développer une photographie peut être long et il est important de prendre le temps. En cas d’incertitude dans la direction à prendre lors du développement, je me mouille et je peux même faire plusieurs versions. En reposant mon oeil (le temps d’un café, d’une journée ou d’une semaine), je peux par la suite les comparer. Lors de cet exercice, je me demande sérieusement ce que j’aime et ce qui me dérange dans chaque version. Cette comparaison me permet de mettre certaines versions de côté ou même de combiner certains points que je juge intéressants pour créer une nouvelle version. 

Lorsque je doute, il arrive également que je demande à un.e ami.e, ma copine ou encore certains membres de ma famille de me dire quelle version est préférée. Je demande toujours le pourquoi. Je ne m’attends pas à une réponse complexe, mais plutôt de prendre le pouls de quelqu’un.e qui n’a pas été collé.e pendant des heures sur l’écran. C’est souvent instinctif et c’est ce que je recherche. Pour que cet avis soit toutefois intéressant, il faut que la personne connaisse un peu la photo. 

Photo prise à Death Valley. L’intention était d’avoir quelque chose de sombre mettant évidence les courbes, formes et textures. Un attention a été portée pour créer un effet de contraste colorimétrique entre les lumières, chaudes, et les zones d’ombre, froides. 

Laisser vivre la photographie

Une fois que le développement est terminé, il faut faire vivre la photo. Il peut s’agir de la publier sur les médias sociaux, sur le blogue, dans un infolettre ou même l’imprimer. L’idée et de mettre un point final au processus pour ne pas être pris dans un éternel projet sans fin; il peut toujours y avoir de nouvelles choses à raffiner, surtout à mesure que le temps passe. 

Ceci étant dit, il arrive que je redéveloppe une photo si j’ai de nouvelles idées, une différente interprétation. La vision change, les aptitudes également, de sorte qu’il peut être intéressant de revisiter une photographie.

Une intégration progressive

Comme précisé en début d’article, j’ai consciemment décortiqué ma façon de procéder en quatre étapes distinctes. Il est toutefois important de comprendre que cette démarche devient presque instinctive après un certain temps. Si elle vous aide donc à mieux structurer votre processus, sachez donc qu’elle s’intégrera automatiquement à votre processus après un certain temps. 

Réflexions et commentaires

J’espère que cet article vous donnera un petit coup de main pour développer vos photo. N’hésitez pas à m’écrire si vous avez des questions ou des commentaires en utilisant l’espace ci-dessous ou par l’entremise des moyens listés ci-contre.

Merci !

Pour me joindre
Youtube | Facebook  | Courriel | Infolettre | Instagram


 

Vous aimez ce que vous lisez ?
Inscrivez-vous à l'infolettre pour être périodiquement tenu au courant des derniers articles, nouvelles, aventures, ateliers et promotions !
Vous pourrez vous désabonner en tout temps. Aucune information vous concernant sera divulguée.